« État de santé, incapacités, maintien dans
l’emploi
: problématique générale »
Claudie BUISSON - Directeur Général de l’Agefiph
28° Congrès de médecine
et de santé au travail
Bordeaux - 10 juin 2004
1. COMMENT LA QUESTION SE POSE T’ELLE AUJOURD’HUI ?
L’approche
sociétale de la « personne handicapée » change
de paradigme. Les débats en cours de la loi sur l’égalité des
chances des droits la citoyenneté et la participation des personnes
handicapées attestent que nous passons d’une situation où différentes
institutions se « partagent » dans le temps et l’espace,
le handicap (sous toutes ses formes et ses dénominations) à une
situation où la personne handicapée (voire « personne
en situation de handicap ») devient le centre d’un réseau,
dont les différentes composantes collaborent pour gommer les ruptures
dans l’appui à la personne.
2. DES ENJEUX MAJEURS DANS LE MONDE DU TRAVAIL
Ces enjeux se mesurent
au travers de cinq tendances observées
:
- augmentation des inaptitudes en particulier les inaptitudes à tout
poste dans l’entreprise (doublement entre 98 et 2001, 98 000
inaptitudes au poste + 58 000 inaptes à tout poste en 2001)
;
- la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé augmente
avec l’âge (moyenne d’âge de RQTH = 45 ans)
;
- le taux de sortie (chômage de longue durée, invalidité,
retrait) de l’emploi des personnes handicapées après
50 ans est le double de celui des personnes valides ;
- l’évolution
démographique, couplée à l’allongement
de la vie au travail rend urgente la gestion active des âges
(la moyenne d’âge est déjà entre 45 et 47
ans dans l’automobile) ;
- incidences et prévalence du handicap
: des pathologies invalidantes constituent la première cause « d’entrée
dans le handicap » (notion plus large que la RQTH mais opérante
du point de vue concret pour le médecin du travail)
3. QUE PROPOSE L’AGEFIPH ?
Ce qui est déjà en place
:
Depuis 1991 l’Agefiph se préoccupe du maintien dans l’emploi,
- avec
la mise en place d’aides individualisées (subvention
rapide pour aider à la recherche de solutions de reclassement,
financement d’études ergonomiques, de formation à un
autre poste…)
- avec la mise en place d’équipes dédiées
(les cellules maintien dans l’emploi mobilisables rapidement
au service de l’employeur et du médecin du travail.
Ce qui se met en place :
La nouvelle orientation du Conseil d’Administration
pour répondre
aux nouveaux enjeux :
- le placement augmente (100 000/an) mais les sorties
d’emploi aussi
donc le taux d’emploi stagne et les tendances à l’œuvre
doivent être anticipées.
Les principes de base :
- la précocité de l’intervention
augmente les chances de succès ;
- la multiplicité des compétences à mobiliser
oblige à constituer
des réseaux d’intervenants ;
- le médecin du travail
est le premier maillon du réseau
qui peut déclencher la mobilisation des autres acteurs ;
- les
autres acteurs existent, de droit commun (CRAM / MSA) ou spécifiques,
(cellules maintien, aides individualisées de placement et reclassement,
ingénierie de formation, connaissance technique et administrative
du handicap).
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